Animations : Making-Of #1

Capture d’écran 2013-01-31 à 19.23.20

Et bien, ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit d’article, mais c’était pour mieux vous régaler avec celui-ci.

Depuis le temps que je devais travailler avec Adrien Le Galloc’h, voici les prémices de notre rencontre, qui n’en est pas une, mais qui mêle le talent de l’un avec celui de l’autre.

Je vais dans cet article tenté d’expliquer mes choix colorimétriques, de montages, sonores…

Visuellement, le style et la chaleur de la vidéo rompt avec l’univers froid, urbain des effets avec lesquels j’ai l’habitude de travailler pour mes vidéos. L’enjeux de ce making-of été d’expérimenter une nouvelle touche colorimétrique, une touche « vintage ». Je vois arriver les plus médisants : « Il veux être à la mode ! ». Bon, ok, je plaide coupable, mais pas que. S’il est indéniable que je m’inscris avec ces touches colorés dans une mouvance globale, mon choix est justifié. Dans ce making-of, le sujet principal est le dessin et l’animation. Quoi de plus normal, que de traiter l’image de façon retro pour une méthode d’animation qui semble avoir été abandonnée (Bon c’est pas tout à fait le cas, mais je cherche à me justifier…) par la grande majorité des studios, à présent, fervant utilisateur des modélisations 3D.

Le montage aussi est assez particulier. Fidèle à mes montages linéaires, j’ai cependant rompu avec l’utilisation des fondus. Les cuts sont brutaux afin de symboliser la rigueur et la précision d’un dessin, du trait.
L’organisation de l’image est aussi assez différente de ce que j’ai l’habitude de faire. Bien que l’on retrouve les effets de flous constant et les plans sérrés comme dans les vidéos Rencontre, ici j’apporte la nuance d’un contour flouté et progressif. Reprenant l’idée d’une focale, je symbolise le stylo, qui sur la pointe est net, mais se trouve diffusé sur la longueur.
Le long cut noir de fin, avant la signature Vag… met en avant la recherche esthétique lié à cette signature. Ce moment solennel ou un dessin anonyme devient l’enfant d’une main, son propriétaire. Le silence et le noir été, selon moi, les seules alternatives traduisant cette émotion par une grande simplicité, sans artifice, sans recours à des effets.

Le son, ma bête noir, est aussi traité de façon légèrement différente. Bien que la partition musicale est dominante, ici les sons liés à l’utilisation de l’eau, des frottements entre la feuille Canson et les poils du pinceau n’ont pas été supprimés. Certes discrets, ils habillent l’image d’un son d’ambiance agréable et réaliste.
Le choix de la musique, du très bon groupe Alt-J, n’a pas non plus été laissé au hasard, car le titre par lui-même révèle déjà la ligne directrice : hand-made, comprendre, le fait-main. S’il reste un domaine où il est difficile de tricher, c’est sur le dessin, la mano reste l’outil de base, que l’on utilise des stylos, ou des stylets…
La musique est aussi coupée en première partie par une interruption vocale sans traitement esthétique. Ce son brut sert de présentation, jouant sur le Are-you sitting confortably?, j’invite le spectateur à s’installer confortablement et à profiter de cette balade poétique.

Voici en quelques mots ce qui caractérise cette nouvelle vidéo. Il y aurait plein de choses à rajouter, mais à présent, il est temps de voir ça.